07/11/2011


Arnaud Boissière - AKENA Vérandas amarré dans son port d’attache

Le 60 pieds AKENA Vérandas, remorqué depuis samedi soir par l’Anthinéas, est arrivé ce matin à 11h45 aux Sables d’Olonne, son port d’attache.

Emu, Arnaud Boissières a remercié longuement tous ceux qui l’avaient soutenu depuis le début de la mésaventure, et sa première pensée a été pour les salariés d’AKENA Vérandas. « Depuis que j’ai branché mon téléphone ce matin, ça n’arrête pas de sonner. J’ai plein de messages de soutien de la part des salariés et je suis très touché » a expliqué le skipper. Sur le ponton Vendée Globe, une cinquantaine de personnes avaient fait le déplacement pour saluer ce Sablais d’adoption. Parmi eux, beaucoup d’anonymes mais également des personnalités à l’image du député - maire des Sables d’Olonne, Louis Guédon, Christophe Chabot, PDG d’AKENA Vérandas, a expliqué que cette avarie "compliquerait la saison à venir" sans remettre en cause le projet vendéen. " Cela va nous donner encore plus d’énergie pour faire encore mieux la prochaine fois" a-t-il conclu. Le bateau noir et vert sera donc amarré, dans un an, à ce même ponton pour prendre le départ du Vendée Globe. 

Interview d’Arnaud Boissières 

« Nous sommes contents d’avoir ramené le bateau. La déception, ça viendra plus tard. Le principal, c’était de ramener le bateau dans de bonnes conditions. Bien sûr que nous sommes déçus. D’abord, pour AKENA qui me soutient depuis un moment, pour tous les salariés. Depuis que j’ai branché mon téléphone ce matin, ça n’arrête pas de sonner. J’ai plein de messages de soutien de la part des salariés et je suis très touché. Déçu parce qu’avec Gérald, nous avons fait un bon début de course. Déçu pour l’équipe technique parce qu’elle a vraiment travaillé d’arrache pied pour que le bateau soit prêt. Et quand tu es au large et que Plonplon vient te chercher avec un bateau de pêche, ça fait vraiment plaisir… C’est grâce à eux que nous avons pu ramener le bateau, et l’Anthineas qui est un bateau de pêche aussi. Il y a une aile cassée à ce bel oiseau noir et le principal est que l’on puisse la réparer pour le prochain Vendée Globe. Nous avons tous l’énergie pour. Nous sommes tous très motivés et moi plus aujourd’hui qu’avant. Je suis aussi déçu pour Gérald parce que je l’emmène dans cette aventure et elle n’a duré que trois jours… Je suis déçu pour lui qu’on n’ait pas pu s’exprimer pleinement mais la mer n’a pas voulu nous laisser passer cette fois… La prochaine fois, j’espère que ça passera mieux. » 

Interview de Gérald Véniard 

« Non, je n’ai pas eu peur. Avec Arnaud, on ne peut pas avoir peur. C’est un grand marin, tout le monde le sait, il a quand même terminé un Vendée Globe avec force et bravoure. On n’a pas eu le temps d’avoir peur. Ça surprend parce qu’on ne s’y attendait pas et ce n’étaient pas des conditions qui laissaient imaginer qu’on allait prendre le mat sur la gueule. Ça s’est passé dans des conditions plutôt clémentes et le mat est tombé brutalement. C’est très bruyant. Ça, je vais m’en souvenir longtemps. Au bruit, j’ai eu l’impression qu’on s’était pris un cargo de pleine face, mais en fait, pas du tout. Nous étions tout seul à ce moment là. Le carbone, ça explose vraiment. Ça projette des bouts dans tous les sens. Nous avons eu peur que le mât qui pendouillait sur le côté du bateau transperce la coque, ce qui n’aurait pas été bon pour nous. Il a fallu se débarrasser de tout ce qui pendait le plus vite possible. Nous avons coupé. Arnaud à la scie à métaux et moi avec un grand couteau, pour laisser filer une belle somme d’argent et une belle somme d’énergie. Ça fait mal au cœur de regarder ça couler devant nous, en pleine mer. Je crois que nous avons agit en bons marins puisque nous n’avons pas eu le temps d’avoir peur. Avec ce qui nous restait, nous avons fait un gréement de fortune. C’est beau quand nous voyons des photos chez les autres, mais quand nous le faisons nous même, ce n’est pas pareil. Après, nous avons été ballotés par les vagues. Le bateau ne ressemble plus à rien. Quand il n’y a plus de mat, plus de voile, ce n’est plus un bateau, c’est un radeau. C’est des moments difficiles mais nous n’avons pas perdu espoir et aujourd’hui, le bateau, il n’a rien. Il lui en manque un beau morceau mais ce n’est pas grave. Comme disait Arnaud, nous en ferons un autre ! Nous avons eu plein de messages de soutien. C’est vraiment important. C’est vraiment important de les recevoir mais c’est vraiment important de le dire. Des coups de téléphone de nos concurrents, qui parfois sont nos concurrents et d’autres fois nos copains. Et là, c’était devenu nos copains. Aujourd’hui, nous apprenons qu’il y en a plein d’autres qui ont des soucis, dont un qui doit être dans une mauvaise posture, c’est Poujoulat. Ça aussi ça nous arrache le cœur. Ça fait mal aussi de savoir les autres en difficulté. Avec Arnaud, nous arrivons à bien nous entendre dans la difficulté mais c’est pour cacher la déception que nous faisons les clowns… Bien sûr que ça fait mal. C’est un an de travail en ce qui me concerne et plusieurs années pour Arnaud. Nous avions l’impression d’être dans le coup et de pouvoir se battre… Voila, c’est comme ça. » 

Interview de Christophe Chabot 

« Nous sommes déçus. Nous sommes plus affectés que, nous le pensions d’ailleurs. C’est une hypothèse que l’on imagine quand on se lance dans ce genre de course. Mais je dois avouer que quand mon téléphone a sonné l’autre jour dans la nuit, ça a été un vrai choc. Quand je suis arrivé sur le plan d’eau et que j’ai vu le bateau dans cet état là, ça m’a fait un drôle d’effet. Ceci étant, tout va bien, le personnel d’AKENA suit et encourage Arnaud et Gérald et ça restera une mésaventure. Ça ne remet pas en cause notre participation au Vendée Globe. Ça va compliquer notre saison à venir. Ça ne peut pas remettre en cause le projet. Nous avons l’impression d’être passés à côté d’un truc vraiment très sympa cette fois. Mais nous allons rebondir derrière ça et ça va nous donner encore plus d’énergie pour faire encore mieux la prochaine fois. Avec Arnaud, nous avons l’objectif de rejoindre le top 5 le plus rapidement possible. Même si nous ne pouvons pas annoncer quelque chose comme ça, ce serait bien qu’Arnaud soit dans le top 5 pour le prochain Vendée Globe. Ça restera l’objectif mais ça aurait été bien que ce soit dès cette première transat. Ce n’est que partie remise. Nous sommes tout de même un sponsor chanceux puisque nous avons fait deux tours du monde et cinq transats sans avoir de soucis majeurs. Nous avons eu beaucoup de chance mais voilà, c’est notre tour. » 

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