10/03/2015


Bernard Stamm / Jean le Cam - De nouveau la tête à l'endroit

C’est hier, à 21h50, après un peu plus de 68 jours de course, que Bernard Stamm et Jean Le Cam ont (re)passé l’équateur.

Les deux co-skippers de Cheminées Poujoulat, toujours solidement installés en tête de la Barcelona World Race avec plus de 1.500 milles d’avance sur leurs poursuivants directs, sont donc de retour dans l’hémisphère nord après 56 jours passés la « tête à l’envers », et, bonne nouvelle, leur transition dans le fameux Pot-au-Noir s’est révélée assez rapide puisque depuis ce matin, ils retrouvent déjà des vents de nord nord-est qui doivent se renforcer progressivement au cours de la journée, et les accompagner durant plusieurs jours. 

Jacques Vapillon 

Le passage de l’équateur, cette ligne imaginaire tracée autour de la terre à mi-chemin de ses pôles qui marque la séparation entre les hémisphères nord et sud, est toujours hautement symbolique pour un marin. « Cela marque un cap et ce cap fait du bien au moral. Un tour du monde comme la Barcelona se joue pour les trois quarts dans l’hémisphère sud. Forcément, aujourd’hui encore plus que les autres jours, on sent la maison qui se rapproche », a commenté Bernard Stamm, joint ce matin par téléphone satellite. Autre motif de satisfaction pour le marin suisse aujourd’hui, le Pot-au-Noir s’est montré plutôt clément avec lui et son acolyte, la nuit dernière. 

Pas de molle dans le Pot 

« En approchant de l’équateur, le phénomène montait en même que nous. Par conséquent, nous avons conservé les alizés de sud relativement longtemps, et assez forts même. Reste que d’un coup, ça a crevé et le vent a basculé. Nous avons alors composé avec de l’air instable et faible mais qui n’est jamais descendu en dessous de 6 nœuds. En clair, nous n’avons eu ni molle, ni orage. Evidemment, c’est toujours mieux quand ça se passe comme ça plutôt que quand on reste coincé dans une bulle », a détaillé le navigateur en précisant que depuis quelques heures le flux de nord s’est à peu près bien établi en direction et qu’il devrait se stabiliser en force dans l’après-midi. « Nous avons redémarré. C’est assez nord mais nous avons trouvé une stabilité d’angle. Globalement, nous n’avons pas à nous plaindre, la météo s’est montrée plutôt sympa pour notre remontée jusque dans l’Atlantique nord, nous avons pu effectuer la trajectoire que nous voulions et nous n’avons pas de gros soucis techniques. En somme, tout ce déroule bien », a déclaré Bernard, admettant par ailleurs que son avance de 1.500 milles sur son adversaire le plus proche, a allégé un peu son stress de rester scotché sous un nuage. 

Gaspillage interdit 

« C’est sûr que c’est plus facile de gérer dans ces conditions, cependant, dans toutes les phases de transitions, Jean et moi nous essayons de ne pas perdre de milles bêtement car des zones de blocages où ça peut s’éterniser un moment, il y en a quelques-unes sur la route qu’il nous reste à parcourir », a-t-il souligné. De fait, le duo de Cheminées Poujoulat n’est pas à l’abri d’une molle à l’approche des Canaries ou d’un arrêt buffet complet en Méditerranée. « Dans ces sections du tracé, les rebondissements possibles sont nombreux, surtout qu’avec autant d’avance que ce que nous avons, nous pouvons avoir un timing météo très mauvais, à l’inverse de nos concurrents. Pas question, en conséquence, de gaspiller des milles. Nous prenons tout ce qu’il est possible de prendre », a avoué Bernard Stamm qui va maintenant vivre « penché » un moment  puisque c’est avec le vent de face que lui et son binôme vont progresser ces prochains jours. 

Au près pour plusieurs jours 

« Nous allons faire du près, du près et encore du près, mais cela était prévu. Il n’y aura pas manœuvre à effectuer, pas contre, nous allons devoir rester bien concentrés sur les réglages et la conduite du bateau. A cette allure, ce n’est jamais facile d’aller vite. A nous de trouver le meilleur compromis entre le cap et la vitesse », a indiqué le marin avant de conclure : « La distance qu’il nous reste à avaler commence à se réduire sérieusement et ce qui nous plait bien, c’est que mis à part avec Neutrogena et GAES Centros Auditivos, il y a plus de distance entre les autres bateaux et nous, qu’entre nous et Barcelone ! » 

Florence ARTHAUD 

Le Team Cheminées Poujoulat s’associe à la douleur de la famille de la course au large suite au décès de Florence Arthaud, une sportive hors du commun à la personnalité exceptionnelle. Elle laissera un grand vide bien au-delà du monde de la voile.
C’est avec beaucoup d’émotion que Jean et Bernard ont appris très tôt ce matin la triste nouvelle (Jean avait participé avec Florence à deux éditions de la Transat AG2R).  

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