23/01/2015


Bernard Stamm / Jean le Cam - Journée engagée sur l’océan

La cavalcade continue dans l’Atlantique Sud pour Bernard Stamm et Jean Le Cam.

Bénéficiant depuis plusieurs jours d’un flux de Nord Ouest de 25 nœuds, les hommes de Cheminées Poujoulat tiennent toujours la dragée haute à leurs concurrents et gardent précieusement leur leadership. A moins de 48 heures de son entrée dans l’océan Indien, le duo helveto-français qui s’apprête à larguer sa balise Argo destinée à la collecte de données scientifiques, profite et apprécie. 

Jacques Vapillon 

La voix est claire, le ton enjoué et le marin prolixe… trois signes qui ne trompent pas : Bernard Stamm est actuellement un homme heureux ! La carte postale qu’il livre par le menu n’a certes rien de celles qui distillent les tropiques mais elle semble combler le Suisse : « Le plafond est un peu bas, c’est la « grisouille » du Sud. On essaie de garder un flux de vent qui nous amène à l’Est. Mais ce n’est pas facile de faire de la vitesse parce qu’il y a pas mal de mer. On ne va pas se plaindre, ça avance quand même pas mal. La nuit dernière n’était pas trop « Verdun ».  On va vers du vent un peu plus mou et ça devrait se renforcer la nuit suivante. Il ne fait pas encore froid – 18° pour la température de l’air - on est dans le secteur chaud de la dépression. Demain, le front sera passé et on aura l’air de l’Antarctique. En revanche, en terrasse il ne fait pas beau, c’est ambiance ciré complet et manchons ! » 

Solides leaders 

Pour le petit plaisir du café en extérieur, il faudra donc repasser, mais ces conditions ont le mérite de permettre à Bernard Stamm et Jean Le Cam se pouvoir compter ferme sur leur statut de chefs de file pour les jours à venir. Alors évidemment, leur avance a fondu depuis 48 heures,  jusqu’à voir leurs dauphins Guillermo Altadill et José Munoz regagner 100 milles, mais rien de surprenant à cela d’après le skipper de Cheminées Poujoulat : « Le retour de Neutrogena était prévu, ils sont au Sud et font donc moins de route. Mais il faut reconnaître qu’ils sont moins gênés par la zone d’exclusion que ce qu’on pensait. » Pas d’inquiétude pour le moment donc et surtout pas de regret quand au choix d’une trajectoire bien plus Nord que leurs concurrents. 

Marins et citoyens ! 

On l’aura compris, côté course, les deux compères n’ont pas à se plaindre de leur sort ni de leurs inspirations, d’autant que l’entrée dans l’océan Indien prévue pour la nuit de samedi à dimanche  devrait se faire dans des conditions favorables. Mais cette journée revêt un caractère spécial pour Bernard notamment, citoyen engagé et dont le partenariat avec Océanopolis, le parc de découverte des océans, l’avait amené à embarquer un mini laboratoire pour effectuer des prélèvements tout au long du parcours du dernier Vendée Globe. En effet, la direction de course vient de donner le feu vert aux concurrents pour la mise à l’eau des balises Argo, destinées à collecter des mesures de salinité et la température de l’eau. Dans la journée, si les conditions de mer le permettent, les marins devront donc larguer l’instrument de 20 kilos et en donner la position à l’organisation. Une occasion unique de contribuer à l’étude et la préservation de leur terrain de jeu favori. Une « contrainte » dont le navigateur suisse s’acquittera avec plaisir et conscience : « Concernant ce type d’opération, je ne suis pas à convaincre ! Cette initiative est vraiment très intéressante. C’est un no man’s land ici, il n’y pas de bateaux qui ont des raisons de suivre la route des vents et des courants. Ce serait donc bête de ne pas profiter de notre passage pour mener ces collectes de données ». Quand la course au large et la science font cause commune... 

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