18/10/2011


Lionel Lemonchois - Double, duo, tandem, paire… à deux, c'est mieux ?

Alors que le team Prince Bretagne est en ébullition à un peu moins de quinze jours du départ de la Transat Jacques Vabre, Lionel Lemonchois et Matthieu Souben s'apprêtent à ...

... convoyer leur trimaran gris et rouge vers Le Havre. Embarquement, demain mercredi, en fin de journée pour un ultime entraînement et, en interlude, une séance de prise de vues photo et vidéo programmée dans les eaux d'Ouessant, jeudi matin. Plus que jamais, les deux hommes attaquent la dernière ligne droite avant le grand départ de l'épreuve. L'occasion pour chacun d'entre eux de faire le point sur la navigation en double. Ses spécificités, ses atouts. 

Lionel, Matthieu, comment envisagez-vous l'organisation à bord de Prince de Bretagne lors de la course ?

Lionel Lemonchois :

« Notre organisation à bord pendant cette transat sera tout ce qu'il y a de plus classique. Nous devrions, je pense, effectuer des quarts de trois heures lors desquels chacun fait ce qu'il a envie et surtout ce qu'il y a à faire. Nous allons nous partager toutes les tâches (nav, préparation de la nourriture…) au même niveau. Tout sauf une chose dont il va se charger plus spécifiquement : les images et la vidéo. La raison ? Ce genre de chose, ce n'est pas forcément mon talent premier (rires) ! »
 

Matthieu Souben :

« A mon sens, nous ferons chacun des quarts de longueur variable, il n'y a pas de durée établie. Celui de quart se chargera de prendre la barre, et de régler le gréement. L'autre se penchera sur le choix de la route et la cuisine. Nous nous adapterons aux conditions et serons toujours à l'écoute de l'autre. »

 

Etre à l'écoute de l'autre, justement, est-ce le secret de la navigation en tandem ? Racontez-nous comment se passe la transmission des informations à bord de votre bateau…


Lionel :

« Généralement, la transmission d'infos s'effectue assez rapidement… Cela dépend cependant du taux de fatigue de chacun. Nous faisons un point sur les oscillations et les rotations du vent, les risées, l'état de la mer, le comportement le bateau… Cela tient en assez peu de mots finalement. »
 

Matthieu :

« Entre nous, nous communiquerons beaucoup et très régulièrement, cela permettra par exemple de mettre au point notre tactique et de décider d'une stratégie. L'échange est primordial à la bonne marche du bateau. » 



Et la confiance ?


Lionel :

« La notion de confiance est importe à bord d'un bateau et elle l'est encore plus spécialement en double car elle permet de pouvoir être serein, de bien dormir, de bien récupérer et donc d'être en forme et performant. C'est pour cela que j'ai souhaité que Matthieu fasse toute la saison avec moi sur Prince de Bretagne. Je voulais qu'il ait le temps d'apprendre le bateau. De mon côté, il était important que je le découvre au maximum, que je parvienne à évaluer ses réactions… Matthieu est encore en « formation », il sait que si ça devient chaud, je serais à ses côtés. Il faut toutefois nuancer : les 50 pieds restent des bateaux faciles. De plus, il a l'habitude du multi et surtout, il apprend très vite. »
 

Matthieu :

« J'ai une totale confiance en Lionel, il a tellement de vécu et d'expérience que j'embarque à ses côtés les yeux fermés ! Quand il est de quart, je sais que je peux dormir tranquille, il n'y aura pas de mauvaise surprise. C'est d'ailleurs réciproque, j'ai une grande liberté à bord et Lionel me laisse en complète autonomie quand je suis seul à la barre. La confiance entre nous deux est indispensable, ça nous préserve d'un stress qui serait préjudiciable à nos performances. »

 

Quelles sont vos spécialités respectives ?

Lionel :

« C'est bien d'être un peu complémentaire. Matthieu possède sa vision de régatier avec son expérience de la course entre trois bouées. Moi j'ai plus celle du large. Nous allons essayer de faire en sorte que ça fonctionne. »


 

Matthieu :

« Lionel possède une très bonne connaissance du moteur et de la stratégie de course, c'est donc lui qui s'en occupe spécifiquement. Moi je suis plus spécialisé en informatique et en systèmes de communication. Mais en navigation, nous n'avons pas d'attributions particulières, nous sommes complémentaires. Nous faisons par exemple toutes les manœuvres à deux, cela permet une efficacité, et une rapidité optimale. »
 

Lionel, vous êtes très expérimenté au large. A l'inverse, Matthieu, vous vous apprêtez à vivre votre première transatlantique. Les notions d'échange et de transmission d'expérience sont elles très importantes pour vous ?


Lionel :

« Cela me plait de lui transmettre certaines choses. J'aurais bien aimé, à son âge, avoir à mes côtés quelqu'un avec un peu plus d'expérience qui me fasse confiance. L'idée de prendre un jeune, de lui faire découvrir le large et de l'emmener vers ce dont il a envie, me plait réellement. Matthieu me pose pas mal de questions, il observe. Il a des questions judicieuses… C'est intéressant pour moi aussi. » 

Matthieu :

« Aux côtés de Lionel, je peux profiter des automatismes d'un marin accompli. Il n'est pas avare en conseils et cela me permet de progresser. Son expérience de la course au large est précieuse. J'essaie de faire comme lui, notamment dans la gestion du sommeil ou de la nourriture, des domaines où j'ai encore beaucoup à apprendre. Quand Lionel fait quelque chose à bord, je sais qu'il le fait bien, alors je prends exemple sur lui. »
 


Un mot sur le parcours ?


Lionel :

« Il n'est pas pour me déplaire. Je ne connais pas le Costa Rica et j'aime découvrir de nouvelles destinations. Je regrette cependant le choix des organisateurs imposant des marques de parcours qui ne nous sont pas favorables et qui tronquent un peu la donne avant même le départ. Malgré tout, ce tracé entre Le Havre et l'Amérique Centrale est intéressant avec, notamment, la traversée de la mer des Caraïbes. C'est certain, il va y avoir du jeu. »
 

Matthieu :

« Pour moi, ce parcours en Atlantique nord sera une découverte du début à la fin. Je suis content d'avoir à naviguer dans l'arc antillais. Cela va permettre d'observer des choses que l'on ne voit jamais ailleurs mais aussi et surtout, cela va laisser le jeu très ouvert en terme de régate jusqu'à la ligne d'arrivée. Je pense en particulier à la partie entre Grenade et Puerto Limon, qui nous fait passer très près des côtes… Cela promet d'être assez rigolo. » 

Donnez une note :

Votre commentaire
Tous les commentaires sont modérés avant publication, afin de garder toute objectivité, les publicités cachées ou contre publicités sont interdites, et leurs auteurs seront black-listés.

Voir toutes les news

Follow us on socials networks

facebook twitter dailymotion google

Abonnez-vous aux flux RSS

Suivez l’actualité de tous nos magazines en vous abonnant à notre flux RSS ou en vous inscrivant à notre newsletter que vous recevrez par email.

S'abonner à un flux RSS

S'abonner à une newsletter