05/11/2011


Lionel Lemonchois - Le Team Prince de Bretagne déçu mais pas abattu…

Victime d'une avarie importante sur la crosse du bras avant, hier soir, autour de 21 heures, alors qu'il filait à vitesse grand V, 400 milles au large des côtes, à la latitude de Biarritz, le trimaran Prince de Bretagne a été contraint à l'abandon.

Une déception pour le tandem Lionel Lemonchois et Matthieu Souben, qui pointait alors en troisième position de la flotte des Multi50 et visait la victoire au Costa Rica. Les deux hommes font maintenant route vers le port le plus accessible pour leur monture endommagée. 

Une première nuit musclée avec des rafales à plus de 35 noeuds, un long bord bâbord amure vers l'ouest avec une mer forte et hachée de face, puis une descente vers le sud sous les grains et dans une mer délicate. Une mer « casse-bateau » selon Lionel, qui aura eu raison de son bateau - et des deux tiers de la flotte des Multi50 - dans cette 10e édition de la Transat Jacques Vabre. 

En effet, alors que lui et Matthieu filaient à 17 noeuds, sur la route des Açores à 90° du vent poussés par un vent de nord-ouest de 25 à 30 noeuds dans 2 à 3 mètres de creux, un grand bruit a retenti. « Nous avons entendu un gros « crac ». La crosse du bras avant de liaison bâbord venait de casser. Nous avons alors immédiatement affalé, sécurisé le bateau et mâtossé tout ce qui était lourd sur tribord. Nous savions que les conditions étaient dures et soumettraient les bateaux à rude épreuve. Depuis le départ, nous avions pourtant mené notre barque sans tirer dessus outre mesure… La casse à laquelle nous devons faire face était impossible à anticiper » déplorait Matthieu Souben, dans les heures qui ont suivi l'avarie. 

Une avarie majeure qui n'a laissé d'autre choix aux deux skippers que d'avertir la direction de course de l'abandon de Prince de Bretagne. « Le bras est complètement désolidarisé du flotteur. Celui-ci tient avec la drisse de gennaker et des bouts que nous avons mis un peu dans tous les sens. Nous avons renvoyé un peu de toile pour que le bateau soit appuyé. Les conditions sont correctes, la dorsale nous rattrape tout doucement, nous avons 10/12 de vent, encore de la mer. Ce serait bien que ça se calme, ça soulagerait bien le bateau. Nous devons faire un bon dix noeuds de moyenne. Nous ne savons pas encore où nous allons exactement: Corogne, sans doute. Nous déciderons au fur et à mesure. Nous ne pouvons naviguer que bâbord amure, quand le bateau est bien appuyé. Ainsi, le flotteur ne touche pas l'eau et c'est là que ça souffre le moins. Depuis hier soir, il a fallu faire vite, préserver le bateau, passer la nuit en espérant que ça ne s'aggrave pas trop. Je suis assez optimiste, si nous continuons comme ça, ça devrait aller. Nous allons continuer notre petit bout de chemin, voir où le vent nous emmène. Là où le vent nous portera, comme dit la chanson » a indiqué Lionel, ce midi lors de la vacation officielle. A suivre donc. 

Réactions des Présidents de Prince de Bretagne 

 

Joseph Rousseau, Président de Prince de Bretagne :

« Cette avarie, c'est évidemment un peu la déconvenue, surtout que Prince de Bretagne et son équipage, nous avaient montré tout leur potentiel lors du prologue de dimanche en nous offrant un véritable show. Nous avons été d'abord déconcertés sur le coup, mais nous sommes assez aguerris pour mesurer les risques encourus par la pratique de la voile et l'essentiel c'est que les marins aillent bien. Le problème des aléas climatiques, pour nous agriculteurs, c'est notre quotidien ; je le soulignais encore hier en assemblée avec des producteurs. Dans le monde de la voile, on est satisfait et savourons la victoire une fois que le bateau a passé la ligne et dans le monde agricole, on est sûr de récolter le fruit de son travail qu'une fois les légumes livrés. C'est également un coup dur pour la classe Multi50. Mais chaque abandon survenu depuis le début est particulier. Cela ne remet pas en cause l'intérêt de cette classe. » 



Jean-François Jacob, secrétaire général de la SICA :

« Il y a forcément de la déception, mais nous savons bien que dans ce type d'aventures il y a des risques. Face à ce genre de casse, on pense d'abord aux marins, qu'ils s'en sortent indemnes ; et l'aspect matériel vient bien après. C'est pour Lionel et Matthieu que c'est le plus dur car ce sont eux qui ont travaillé et préparé cette transat depuis des mois. Chez Prince de Bretagne, nous nous investissons dans la durée et les belles histoires sont faites de moments difficiles, nous en traversons un en ce moment. Cela n'enlève rien à la ferveur de notre investissement et notre engagement dans la voile car c'est dans la solidarité et l'esprit d'équipe que l'on passe des épreuves comme celles-ci. » 

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