12/07/2012


Michel Desjoyeaux - Sur la Krys Ocean Race : « On s’est bien battu ! »

Incroyable mais pourtant vrai ! Avec un Atlantique avalé d’une traite en moins de cinq jours, les trois premiers MOD70 ont été trop rapides pour respecter le scénario initial et le programme des Tonnerres de Brest.

Résultat de cette course effrénée depuis le départ de New York : FONCIA et ses deux prédécesseurs au classement de la Krys Ocean Race, qui ont coupé la ligne d’arrivée devant le phare de la pointe du Minou dans l’après-midi, ont gagné le droit de passer une nuit au mouillage avant de faire leur entrée en fanfare dans la cité du Ponant. C’est demain vendredi, à 14 heures, que ces trois premiers équipages, rejoints par celui de Musandam-Oman Sail attendu vers minuit, seront salués comme il se doit par le public de cette grande fête de la mer. Contacté par téléphone, Michel Desjoyeaux témoigne sur cette transat éclair version MOD. Extraits… 

Premières impressions… 

« Je suis satisfait de cette 3ème place, dans la mesure où il y a toujours moyen de faire plus mal. Je suis aussi forcément un peu déçu, j’aurais aimé mieux réussir la sortie de la rade de New York qui nous a mis un peu à l’envers au début. Après, nous nous sommes bien battus, nous étions bien dans le coup. Nous sommes revenus sur Spindrift racing, nous avons été au contact de Groupe Edmond de Rothschild quasiment tout le temps ; de ce point de vue là, nous sommes tous plutôt contents. On a eu aussi un petit manque de réussite sur certaines options, notamment lors du petit décalage qu’a fait Spindrift par rapport à nous. Dans ces conditions, on a encore des choses à apprendre, on a une vraie marge de progression. Quand on fait une course, le but du jeu c’est quand même d’arriver avant le 2è. On n’a pas réussi sur ce coup là, même si on n’en était pas très loin à certaines occasions… 

Sinon, c’était une traversée express… A la fin c’était même un peu monotone, et le « media man » avait un peu de mal à trouver de l’inspiration et des idées pour prendre des photos intéressantes. On a passé cinq jours sur le même bord avec la même configuration de voiles ou presque, et sous le même ciel gris, on n’a pas vu le soleil une seule fois. Et vu qu’à terre, ce n’est pas mieux sous la pluie, on ne va pas faire les grincheux non plus d’avoir traversé à ces vitesses là ! » 

Le bateau ? La vie à bord d’un MOD70 

« On a quasiment eu aucun problème technique sur le bateau, ou juste des petits trucs vraiment mineurs… Au tout début de la course, dans de l’eau chaude, l’humidité était très supportable. Mais depuis avant hier, quand l’eau s’est refroidie à moins de 15°, tout est devenu forcément plus compliqué et plus désagréable… Heureusement, on se rapprochait à vitesse grand V de l’arrivée et d’une douche salvatrice… qu’on attend toujours ! A bord, chacun a son petit espace. Les parties communes sont tout à fait opérationnelles, même s’il y a des petites améliorations à apporter. Deux d’entre nous ont d’ailleurs valdingué dans des petits plantés au portant. Xavier Revil s’est fortement cogné au niveau du coccyx. Il a été stoïque face à la douleur, même si cela ne l’a pas empêché de prendre ses quarts à la barre. On l’a économisé sur la fin, il était notre barreur de manœuvres. Il a été débarqué après le passage de la ligne pour aller faire des examens à l’hôpital, on espère que ce n’est pas trop grave… » 

L’équipage ? 

« L’équipage s’est super bien comporté. Même si je dois avouer que quelques uns auraient volontiers fait des heures sup’ à la barre dans certaines conditions de glisse. Heureusement qu’il y a le système des quarts pour laisser chacun prendre son tour, et qu’il est indispensable de prendre du repos. » 

Le plaisir de la vitesse et la sécurité 

« C’est un plaisir pour l’ensemble de l’équipage de naviguer à ces vitesses sur ce type de bateau. Mais, un multicoque, ça peut toujours chavirer, il faut savoir s’en servir correctement pour le garder à l’endroit. Même si c’est le propre des compétiteurs de pousser les machines, on se fait la réflexion à chaque fois : si on réduit la toile, on peut parfois aller plus vite qu’en essayant de passer en force... En tant que skipper, j’ai souvent plaisir à me dire qu’on a bien fait de prendre un ris ou de ramasser le gennaker. C’est essentiel de tenir un niveau d’exigence par rapport à ça, quitte à en frustrer certains. Au bout du compte, il y a la satisfaction d’être arrivé de l’autre côté, à l’endroit et en entier, tout en s’étant bien battu quand même. » 

Site de la course : http://www.krys-oceanrace.com/fr/ 

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