22/02/2011


Pascal Bidegorry - Maxi Banque Populaire V : le film de la première tentative

Partis de Brest le 22 janvier dernier à l'assaut de leur première tentative dans le Trophée Jules Verne, les quatorze marins du Maxi Banque Populaire V ont fait leur retour à Lorient hier. Treize jours de course et un voyage retour après ...

... l'émotion de la ligne de départ, le film de cette première tentative laisse des moments forts dont se nourriront les prochains défis de Pascal Bidégorry et ses hommes : faire tomber les 48 jours 7 heures 44 minutes établis par Franck Cammas et son team sur Groupama 3 en mars dernier. 

Samedi 22 janvier : Jour J 

L'ouverture de la fenêtre attendue depuis de nombreuses semaines sonne l'heure du grand départ en ce samedi d'hiver. Entre émotion et enthousiasme, les quatorze marins quittent les pontons du port de Brest pour rallier la zone de départ et entrer de plain-pied dans un challenge difficile et exigeant. A 12 heures 11 minutes et 45 secondes, ils déclenchent le chronomètre. 

Dimanche 23 janvier : Jour 1 

Une entrée en matière copieuse et musclée plonge les marins du Maxi Banque Populaire V dans le vif du sujet. Au large du Cap Finisterre, Pascal Bidégorry et ses hommes affolent les compteurs avec des vitesses flirtant avec les 40 nœuds. Un baptême du feu digne des grands défis ! 

Lundi 24 janvier : Jour 2 

Avec 169 milles d'avance et une navigation dans des conditions plus maniables, l'ambiance est surtout à la concentration extrême pour aborder la suite d'un parcours complexe. En cause, une transition délicate et des vents faibles au passage du Cap Vert. 

Mardi 25 janvier : Jour 3 

A 500 milles au large du continent africain, chacun se fait au rythme du bord et à cette vie à quatorze dans un habitacle très spartiate. Traçant sa route vers le premier point de passage symbolique, l'équateur, le trimaran géant aux couleurs de la Banque de la Voile tire parti d'un flux actif généré par une dépression située sur les Canaries pour accroitre son avance. 

Mercredi 26 janvier : Jour 4 

Les nuits sont agréables et les jours écrasants de chaleur. Malgré l'absence des alizés et la délicatesse de la situation météorologique, Pascal Bidégorry et ses hommes profitent de l'instant présent. Devant les étraves, un ralentissement attendu ; et sous les crânes des stratèges, une réflexion complexe aux portes du Pot au Noir. 

Jeudi 27 janvier : Jour 5 

Au cœur du Pot au Noir, le temps s'étire et met à mal les nerfs des marins. Les vitesses peinent à atteindre les 3 nœuds et les conditions instables s'accordent difficilement avec la chasse au chronomètre... La zone de convergence intertropicale joue les bourreaux pour le Maxi Banque Populaire V. 

Vendredi 28 janvier : Jour 6 

5 jours 17 heures 44 minutes et 04 secondes à la vitesse moyenne de 25,9 nœuds pour franchir l'équateur devant Groupama 3, Pascal Bidégorry et son équipage passent au Sud et célèbrent à sa juste valeur leur libération des griffes de la pétole...
Pierre-Yves Moreau, Ronan Lucas et Xavier Revil passent l’équateur pour la première fois. 

Samedi 29 janvier : Jour 7 

Une semaine après leur départ de Brest, les mauvaises nouvelles tombent pour les quatorze marins malgré une avance conservée. Ainsi, le Pot-au-Noir vient-il se rappeler au souvenir encore frais de l'équipage qui passe du rire aux larmes, des rafales à l'absence du vent. Devant eux, une bulle anticyclonique laisse déjà entrevoir la palette de ses pièges. 

Dimanche 30 janvier : Jour 8 

Installé sur la trajectoire idéale pour gagner dans le Sud, Sainte-Hélène vient donc contrarier les projets du Maxi Banque Populaire V qui se voit contraint à une route le plaçant à une centaine de milles du Brésil. A ce stade du parcours, les compteurs virent au rouge et au retard pour les hommes. 

Lundi 31 janvier : Jour 9 

200 milles de retard sur le tableau de marche et un contournement appuyé par l'Ouest, tel est le prix à payer pour échapper aux affres de la bulle sans vent au large du continent Sud-américain... Et pour enfin gagner du terrain. 

Mardi 1er février : Jour 10 

"Tirer la quintessence du bateau et de la stratégie"... Le ton est donné en ce dixième jour de course. Tous les espoirs de pouvoir mettre le cap sur Bonne Espérance s'incarnent alors dans une dépression se formant sur l'Uruguay. 

Mercredi 2 février : Jour 11 

434 milles récupérés et 741 milles parcourus en 24 heures ! Les jours se suivent et ne se ressemblent pas à bord du Maxi Banque Populaire V qui saisi la première opportunité pour démontrer son incroyable potentiel, à tel point que Pascal Bidégorry confie lui-même en ce onzième jour devoir réfréner les ardeurs de la belle machine. De quoi recharger les batteries avant une suite moins réjouissante, d'autant qu'à 150 milles de Bonne Espérance, les glaces menacent. 

Jeudi 3 février : Jour 12 

Le nouvelle tombe comme un couperet : dans la nuit, le maxi-trimaran a heurté un OFNI*, un cétacé sans doute. La dérive a fortement souffert dans le choc qui a entraîné la rupture du barreau structurel, la crash-box a disparu... Une intervention minutieuse s'impose. 

Vendredi 4 février : Jour 13 

Après de longues heures passées à envisager toutes les solutions pour pouvoir poursuivre cette tentative de record autour du monde, l'état de la dérive livre un verdict définitif et contraint Pascal Bidégorry et ses hommes à déclarer forfait dans l'Atlantique Sud, alors qu’ils affichent une avance de plus de 450 milles. Ce qu'il reste de l'appendice ne permet pas d’aborder les Kerguelen au près dans les conditions de performance et de sécurité nécessaires et le sens marin fait foi. 

Voyage retour 

Dès le lendemain, le Maxi Banque Populaire V met du nord dans sa route pour un voyage retour qui le ramènera à son port d'attache, Lorient. Bénéficiant de conditions heureusement plus clémentes que pour la descente, les quatorze navigateurs ont rallié la Bretagne ce dimanche à 10 heures. Le moment pour chacun d'entre eux de dresser un premier bilan de cette aventure qui, quel que soit le résultat, demeurera riche et exceptionnelle. Plus motivé que jamais, Pascal Bidégorry et ses hommes n’attendent qu’une chose : repartir. 

En attendant, le Team Banque Populaire qui a effectué un « check » complet du trimaran géant dès son arrivée, a entamé un chantier d’une dizaine de jours pour remettre le bateau en configuration de départ. Au même moment et ce jusqu’à mi-mars, la cellule météo du Team Banque Populaire, continue de scruter la moindre opportunité qui pourrait donner lieu à une nouvelle tentative. 

*Objet Flottant Non Identifié 

L'Equipage du Maxi Banque Populaire V :
Pascal Bidégorry : skipper, hors quart
Juan Vila : navigateur, hors quart 

Quart n°1
Yvan Ravussin : Chef de quart, responsable vidéo et composite
Brian Thompson : barreur-régleur
Thierry Chabagny : barreur-régleur
Pierre-Yves Moreau : Numéro un, responsable accastillage et composite 

Quart n°2
Fred Le Peutrec : Chef de quart
Emmanuel Le Borgne : barreur-régleur, responsable médical
Erwan Tabarly : barreur-régleur, responsable électronique
Ronan Lucas : Numéro un, responsable sécurité 

Quart n°3
Jérémie Beyou : Chef de quart
Kevin Escoffier : barreur-régleur, responsable vidéo
Xavier Revil : barreur-régleur, responsable avitaillement à bord
Florent Chastel : Numéro un, responsable médical et gréement 

Marcel van Triest : routeur à terre 

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