| Ambiance
La température est douce à Madère. Les marins vont et viennent entre les bateaux et les informations que l’on s’échange, du moins entre ceux qui ne visent pas le podium, entretiennent un climat de franche camaraderie sur les pontons. L’heure est à l’entente cordiale même si sur l’eau , après-demain ce sera chacun pour soi et Dieu pour tous !
Dans 48 heures, les marathoniens de cette 7ème Transquadra attaqueront les 2.700 milles qui les séparent du port du Marin en Martinique Une distance qu’ils devraient dévaler en moins de 14 jours si les alizés tiennent leur promesse. Plusieurs têtes d’affiches se sont distinguées dans la première étape en juillet dernier, tant chez les Sudistes que du côté de l’Atlantique. Autres distances. Autres allures. Il va falloir se préserver sur la durée, gérer le sommeil et économiser le matériel. Aucun siège n’est inviolable ... Et chacun y croit !
Frédéric Ponsenard, le méditerranéen se régale d’avance
La première manche qu’il a remporté en Solo, l’a mis en appétit. « A priori la deuxième étape devrait être pour les JPK ou les Pogo. Ça tourne à l’Est-Nord-Est ; Il semble que cela soit tout droit finalement. On risque de taper le record de la traversée ! » Après avoir beaucoup exploité son A35 en régate, en Méditerranée, Frédéric sait qu’il a un bateau excitant mais avant le départ il se méfie de lui-même. « C’est un bateau très fun il ne faut pas se laisser prendre au jeu. J’ai fait des conneries et je peux recommencer. Alors, prudence, car il est aussi exigeant et un peu rude! On tire sur la bête et on se fatigue vite. Il me faudra bien doser les efforts et parfois sous toiler. »
Quant à la navigation, ce pilote de ligne professionnel n’y voit aucune difficulté. Qui en a d’ailleurs aujourd’hui ? Son seul souci étant de bien gérer les temps de repos et les temps d’attaque… et pas forcément plein pot !
Ses voisins de rocher sur la côte d’Azur, Jean Rodelato et Blandine Médecin ont un seul objectif, se faire plaisir. Ils courent en double et ont réalisé eux aussi une jolie performance sur la première étape. "C'est la première grande traversée pour Blandine et la première pour moi aussi en équipage réduit. Alors on va savourer en essayant de na pas se mettre dans le rouge » A l'avant veille du départ tout est prêt à bord du Sun Fast 3.200 Williwaw. Si l'équipage s'attend à un départ boulet de canon et compte bien y prendre part, il n'entend pas jouer avec le feu.
« On veut éviter à tout prix la casse et puis, mille après mille, l'appétit venant, on pourra lâcher les chevaux mais en restant très attentif au bateau. Un bateau qu'ils ont retrouvé "nickel chrome" après les 6 mois au sec sur l'aire de stockage. "Les Portugais ont fait du très bon boulot ils sont fantastiques... !"
Attention au couple Rodelato / Médecin une surprise peut en cacher une autre. Après leur première place en double Barcelone-Madère pourquoi pas une place près du podium ?
Deux nouveaux équipiers embarquent à Quinta Do Lorde
1) - Dans la rubrique « un breton ne renonce jamais », Bertrand de Pontual, à bord du Sun Fast 3200 « Télémaque » ira bien jusqu’au bout. L’abandon semblait pourtant ne faire aucun doute après un mauvais coup du sort la semaine dernière : « Hélène, sœur et équipière, hospitalisée d’urgence-stop » - « Tout va bien pour elle aujourd’hui-stop. » mais elle n’embarquera plus !
C’est dans la tourmente que se révèlent les vrais marins. La traversée de l’Atlantique, souhaitée et préparée à deux, Bertrand la fera tout de même qu’on se le dise ! Il fait appel à Dominique Bartel, un Ministe, qu’il a cotoyé, et combattu sur son 6,50 dans « La Rochelle-Bahia 2007 ». Ironie de l’histoire, Dominique était pré-inscrit à cette Transquadra mais son co-équipier avait du y renoncer. « Il avait fait le choix de cette course dans sa tête et dans sa préparation. Il n’a pas été très difficile de le convaincre à me rejoindre. » Martine, dans les coulisses de l’organisation, confirme avoir reçu l’électrocardiogramme du jeune homme. Ses papiers sont aussi en règle. Bon pour le service !
2) - Deux particularités, lors de cette parenthèse d’avant départ, concernent « Jubilations » le JPK 10.10 d’Olivier Duthoit. Il est tout d’abord depuis 15 jours à Quinta, entre les mains d’une préparatrice de choc, Karen Leibovici, qui avait dû stopper sa participation à la course dans la première manche. Autant dire qu’elle à cœur de bien assurer cette mission de confiance. Ensuite un nouveau visage vient épauler le skipper. Il s’agit d’Alexis Lepesteur qui remplace au pied levé Christophe Mandeix retenu dans sa voilerie, business is business, c’est donc pour la bonne cause !
Duthois n’a pas eu à chercher la perle rare bien loin. Il s’est tourné naturellement vers un de ses compagnons de régates en Méditerranée. Marin de plus de 40 ans, une expérience validée par plusieurs traversées, des classements en course au large, plus une licence en règle et des stages obligatoires conformes aux obligations de l’ISAF. Que demander de plus ? |
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